Communiquer en/au public … le béaba ou les 5 W …

Communiquer en public ou au public est quelque chose de commun et d’habituel … Tous les jours nous nous exprimons en public, tous les jours nous sommes submergés de messages divers. Mais ces communications sont-elles réellement efficaces et efficientes … ?

Lorsque l’on désire réellement que ses paroles touchent son auditoire, avant de s’exprimer soi-même en public (pas pour aller chercher ses croissants du matin … quoi que :-)), il est opportun et bénéfique de se poser quelques questions simples (très simples) sur la communication dans laquelle on va se lancer.

Ces questions correspondent au modèle de communication de Lasswell (Structures et fonctions de la communication dans la société (1948)). Donc rien de neuf et rien non plus de vraiment révolutionnaire. Cependant ce grand classique mérité toujours que l’on s’y attarde car il est et reste toujours d’application …

Harold Dwight Lasswell (né le 13 Fev 1902 et décédé le 18 Dec 1978) est un pionnier américain de la communication de masse et de la science politique. Il est assurément l’un des pères de la communication moderne. Son modèle décrit le principe fondamental des 5W (Who says => to say What => in Which channel => to Whom => with What effect ? ). Le Modèle de Lasswell entrevoit la communication comme un processus technique et linéaire d’influence et de persuasion (à l’image de la publicité ou de la propagande). En ce sens, il dépasse la transmission simple d’un message pour s’attarder beaucoup plus sur les enjeux et les effets de la communication.https://fr.wikipedia.org/wiki/Communication_de_masse

Et ce fameux modèle … ?

En 1948, Lasswell a une vision simple et pragmatique de la communication. Cette vison est également très technique. Elle donne un cadre conceptuel qui va permettre d’analyser sa communication de façon globale en répondant à 5 questions (les 5 W):

  • « Who says ? » => qui s’exprime ? ou l’analyse du contrôle, du pouvoir et de la légitimité. Cette interrogation correspond à l’émetteur. Qui parle ? Qui veut obtenir un effet ? Cela entraîne certaines analyses critiques et objectives de la légitimité, de la crédibilité et du pouvoir dans la communication.
  • « to say What ? »=> pour dire Quoi ? ou l’analyse de contenu. Cette question correspond au message, à ce qu’on a à dire, au contenu réel …
  •  » in Wich channel ? » => via quel canal ? ou l’analyse des supports/canaux. Ceci correspond au choix du média (question technique). Quel est l’impact du média en tant que tel par rapport au public cible ?
  • « to Whom ? » => à qui ? ou l’analyse de l’audience/public cible. Elle correspond au récepteur. Le récepteur est-il actif ? Passif ? Comment reçoit-il le message ?
  • « with What effect ? » => avec quels effets ? ou l’analyse des effets/objectifs. cette interrogation correspond aux effets recherchés, aux objectifs de communication : quest-ce que je veux atteindre/obtenir après avoir communiqué ?

Comme déjà évoqué, ce modèle n’est certainement pas parfait et ne couvre qu’une seule partie du phénomène complexe qu’est la communication. De façon trop linéaire, il se concentre sur le caractère technique de la communication et ignore royalement les notions de bruit (« noise ») et de barrière qui pourraient perturber ou interrompre le processus de communication. On peut aussi critiquer le Modèle de Lasswell en disant qu’il s’apparente davantage à un modèle de propagande que de communication globale (néanmoins, vous conviendrez aisément avec moi que la frontière entre ces deux monde est relativement floue …).

Cependant, même si ce modèle est linéaire, technique et simple (en fait, ce n’est qu’un modèle :-)), il met correctement en avant les fondamentaux de la communication. S’il est bien utilisé et bien interprété, il peut constituer un excellent outil pour préparer et structurer sa communication et donc une éventuelle prise de paroles en public. Le fait qu’il s’attarde sur l’effet et les objectifs de la communication est particulièrement intéressant (du moins à mes yeux …). Ce modèle fut naturellement repris et complété par d’autres chercheurs. Par exemple, Richard Braddock (1958) ajouta deux questionnements : « for what purpose » et « under what circumstances ». Néanmoins l’essence du modèle reste totalement identique.

Et surtout, en matière de communication, n’oubliez jamais …

Une bonne communication est comme une minijupe, elle doit être assez longue pour couvrir l’essentiel mais assez courte pour susciter l’intérêt … 🙂 …

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